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Demander un acompte de 30 à 50 % : les bonnes pratiques freelance

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Demander un acompte de 30 à 50 % : les bonnes pratiques freelance

L'acompte n'est pas une option de confort : c'est le premier filtre anti-impayés et le seul moyen de ne pas financer vous-même le démarrage d'une mission. Un client qui refuse tout acompte vous dit quelque chose sur sa façon de payer. Voici comment le demander, le calibrer et le facturer proprement.

Pourquoi l'acompte est non négociable

  • Il engage juridiquement le client : contrairement aux arrhes, l'acompte vaut commencement d'exécution du contrat — le client ne peut pas se rétracter sans vous devoir réparation ;
  • Il finance votre démarrage : vous travaillez avec de la trésorerie, pas à crédit ;
  • Il filtre les mauvais payeurs : un client incapable de verser 30 % avant le début paiera difficilement 100 % à la fin ;
  • Il valide le sérieux du projet : un acompte versé, c'est un projet qui démarre vraiment.

Combien demander selon la mission

Il n'y a pas de taux légal : 30 % est l'usage, mais le bon pourcentage dépend du montant, de la durée et de l'ancienneté de la relation.

Type de mission Acompte conseillé Solde
Petite mission ponctuelle (< 1 500 €) 50 % 50 % à la livraison
Mission courte (1 500 à 5 000 €) 30 à 40 % Solde à la livraison
Mission longue (> 5 000 €, plusieurs semaines) 30 % Facturation intermédiaire par jalons + solde
Nouveau client inconnu / à l'étranger 50 % Aucune livraison finale avant solde
Client récurrent fiable 0 à 30 % Selon historique de paiement

Sur les missions longues, l'acompte ne suffit pas : prévoyez des jalons de facturation (30 / 40 / 30 par exemple) pour ne jamais avoir plus d'un mois de travail non facturé.

Comment facturer un acompte correctement

Trois règles souvent ignorées :

  1. L'acompte figure au devis : pourcentage, montant et condition (« démarrage à réception de l'acompte »). Le devis signé vaut engagement.
  2. Une facture d'acompte est obligatoire dès qu'un acompte est versé. Elle mentionne le devis de référence, le montant HT, la TVA et le TTC. La facture finale (de solde) rappelle ensuite le ou les acomptes déjà facturés.
  3. La TVA est exigible à l'encaissement de l'acompte pour les prestations de services : vous collectez la TVA sur l'acompte au moment où il est payé, pas à la facture finale. Pour passer du HT au TTC sans erreur sur la facture d'acompte, le convertisseur HT/TTC gère tous les taux en deux clics.

En micro-entreprise, l'acompte encaissé entre dans votre chiffre d'affaires du mois d'encaissement : il se déclare à l'URSSAF sur cette période, même si la mission n'est pas terminée.

Les erreurs classiques à éviter

  • Démarrer avant l'encaissement : un acompte « promis » n'est pas un acompte. Attendez que le virement soit sur le compte.
  • Confondre acompte et arrhes : les arrhes permettent au client d'abandonner en les perdant ; l'acompte engage les deux parties. Écrivez « acompte » sur vos documents.
  • Oublier la facture d'acompte : encaisser sans facturer est une irrégularité, et complique la facture de solde.
  • Tout livrer avant le solde : sur un livrable final (site, fichiers sources, vidéo), conservez un levier jusqu'au paiement complet.

Un acompte bien cadré au devis ne fait fuir aucun client sérieux. Ceux qu'il fait fuir vous auraient coûté plus cher que la mission ne rapportait.