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ARCE ou ARE : que choisir quand on se lance en freelance ?

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ARCE ou ARE : que choisir quand on se lance en freelance ?

Si vous créez votre activité en étant indemnisé par France Travail, vous devez choisir entre deux dispositifs exclusifs l'un de l'autre : conserver votre ARE versée chaque mois, ou toucher l'ARCE, un capital égal à 60 % de vos droits restants. Ce choix est structurant — et difficilement réversible.

Les deux mécanismes en bref

ARE (maintien) : vous restez inscrit comme demandeur d'emploi, vous déclarez chaque mois vos revenus non salariés, et France Travail complète. En simplifiant, l'allocation versée est réduite de 70 % de votre revenu d'indépendant ; les droits non consommés prolongent d'autant votre durée d'indemnisation.

ARCE : vous percevez 60 % de votre reliquat de droits sous forme de capital, en deux fois — la moitié au démarrage, l'autre moitié six mois plus tard si l'activité se poursuit. Condition indispensable : avoir obtenu l'ACRE (estimez au passage son gain avec le calculateur ACRE).

Comparatif

Critère ARE maintien ARCE
Forme Allocation mensuelle Capital en 2 versements
Montant total potentiel Jusqu'à 100 % des droits restants 60 % des droits restants
Si votre CA décolle vite ARE réduite voire nulle Capital conservé intégralement
Si votre CA reste faible Revenu mensuel sécurisé Plus rien après le 2e versement
Trésorerie au lancement Faible Forte
Statut Toujours inscrit demandeur d'emploi Sortie de la liste

Exemple chiffré

Reliquat de droits : 18 mois à 1 200 €, soit 21 600 €.

  • ARCE : 60 % = 12 960 €, versés 6 480 € au lancement puis 6 480 € à six mois
  • ARE : jusqu'à 21 600 € si vos revenus freelance restent nuls ou faibles sur la période ; mais si vous facturez bien dès le 3e mois, l'allocation fond rapidement et le total perçu peut tomber bien en dessous du capital ARCE

Moralité : plus vous gagnez vite, plus l'ARCE était le bon choix — et inversement.

Comment trancher : les bons réflexes

  • Choisissez l'ARCE si : vous avez déjà des clients signés, besoin d'investir (matériel, trésorerie de société), ou un CA prévisionnel qui annulerait l'ARE de toute façon
  • Choisissez l'ARE si : votre démarrage est incertain, votre prospection part de zéro, ou vous voulez un filet de sécurité mensuel pendant 12 à 24 mois
  • Dans le doute, gardez l'ARE : on peut demander l'ARCE plus tard tant qu'il reste des droits, alors que l'inverse est impossible
  • Anticipez l'impôt : l'ARCE est imposable à l'IR comme l'ARE — un gros capital peut gonfler votre revenu de l'année

Et en cas d'échec après l'ARCE ?

Filet partiel : si vous cessez l'activité, vous pouvez vous réinscrire et récupérer les 40 % de droits non versés, dans la limite du délai de déchéance de vos droits (durée des droits + 3 ans à compter de leur ouverture). Vous ne repartez donc pas de zéro, mais vous avez consommé 60 %.

FAQ

Peut-on cumuler ARCE et ACRE ?

Mieux : c'est obligatoire. L'ACRE est une condition d'attribution de l'ARCE. En micro, pensez à la demander dans les 45 jours suivant la création.

L'ARE est-elle compatible avec une SASU sans salaire ?

Oui. Sans rémunération de président déclarée, l'allocation est en principe maintenue. Toute rémunération doit être déclarée et réduit l'ARE.

Le 2e versement de l'ARCE est-il automatique ?

Non : il faut justifier que l'activité existe toujours six mois après. En cas de cessation avant, le second versement n'est pas dû.


Outil associé : Calculateur ACRE →

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