Compte pro obligatoire en micro-entreprise ? La vraie règle des 10 000 €
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Compte pro obligatoire en micro-entreprise ? La vraie règle des 10 000 €
« Il faut un compte pro pour être auto-entrepreneur. » C'est l'une des idées reçues les plus répandues — et elle est fausse. La loi n'impose jamais un compte « professionnel » en micro-entreprise. Elle impose, dans certains cas seulement, un compte dédié. Nuance importante, qui peut vous faire économiser 100 à 300 € par an.
Ce que dit la loi : le seuil de 10 000 € sur 2 ans
Depuis la loi PACTE (2019), un micro-entrepreneur doit ouvrir un compte bancaire dédié à son activité uniquement si son chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives.
| Situation | Compte dédié obligatoire ? | Type de compte exigé |
|---|---|---|
| Micro, CA < 10 000 €/an | Non | Aucun (séparation recommandée quand même) |
| Micro, CA > 10 000 € deux années de suite | Oui | Un simple compte courant séparé suffit |
| EI au réel | Non (mais fortement recommandé) | Compte séparé conseillé pour la compta |
| EURL / SASU | Oui, dès la création | Compte au nom de la société (dépôt de capital) |
Deux conséquences concrètes :
- en dessous du seuil, vous pouvez légalement tout faire transiter par votre compte perso ;
- au-dessus, un deuxième compte courant classique remplit l'obligation — pas besoin d'une offre « pro » facturée.
Compte « dédié » ≠ compte « professionnel »
Le compte dédié est un compte réservé aux flux de votre activité. Le compte professionnel est un produit bancaire commercial, avec services (et tarifs) spécifiques. La loi exige le premier, jamais le second — pour un micro-entrepreneur, qui exerce en nom propre.
Un bémol pratique : les conditions générales de la plupart des banques traditionnelles interdisent l'usage professionnel d'un compte particulier. En cas d'encaissements clients réguliers, la banque peut vous demander de migrer, voire clôturer le compte. C'est le principal argument en faveur d'un compte pensé pour les pros — d'autant que les offres en ligne démarrent à 0 € (Finom) ou autour de 8 à 11 €/mois (Shine, Qonto).
Ce qui doit transiter par le compte dédié
Une fois le compte ouvert, la logique est simple : tout ce qui touche à l'activité passe par lui.
- les encaissements de vos clients (virements, liens de paiement) ;
- le prélèvement des cotisations URSSAF ;
- vos dépenses professionnelles (matériel, abonnements, déplacements) ;
- vos « virements de salaire » vers le compte perso ;
- la CFE et les éventuels acomptes d'impôt liés à l'activité.
Pourquoi un vrai compte pro vaut souvent le coup quand même
Au-delà de l'obligation légale, un compte pro moderne fait gagner un temps réel : facturation intégrée, justificatifs photographiés et rattachés aux transactions, IBAN dédié plus crédible face aux clients, exports comptables propres. Pour comparer les offres (gratuites ou payantes) selon votre statut et votre volume, le comparateur de banques pro fait le tri en deux minutes.
Et si je ne fais rien ?
La loi ne prévoit pas d'amende automatique pour absence de compte dédié. Les vrais risques sont indirects : un contrôle URSSAF ou fiscal devient laborieux quand les courses du samedi côtoient les virements clients, et la banque peut fermer un compte particulier utilisé en pro. À 10 000 € de CA et plus, la séparation des flux n'est pas qu'une obligation — c'est de l'hygiène de gestion.
En résumé
Pas de compte « pro » obligatoire en micro : un compte dédié suffit, et seulement après deux années consécutives au-dessus de 10 000 € de CA. En société (EURL, SASU), en revanche, le compte au nom de la société est incontournable dès la création. Entre les deux, choisissez selon votre volume d'activité — pas selon le discours commercial de votre conseiller bancaire.