Délais de paiement légaux : 30 jours, 60 jours, et quels recours
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Délais de paiement légaux : 30 jours, 60 jours, et quels recours
« Je vous règle à 90 jours, c'est notre process. » Non : entre professionnels, les délais de paiement sont encadrés par le Code de commerce, et un client — même grand compte — ne peut pas imposer ce qu'il veut. Voici les règles, et l'escalade à suivre quand une facture traîne.
Les délais maximum entre professionnels
| Situation | Délai applicable |
|---|---|
| Aucun délai prévu au contrat | 30 jours après exécution de la prestation ou réception des marchandises |
| Délai négocié au contrat | 60 jours maximum à compter de la date d'émission de la facture |
| Variante « fin de mois » | 45 jours fin de mois maximum, si prévu au contrat |
| Factures périodiques (récapitulatives) | 45 jours après émission |
Deux points que les freelances oublient souvent :
- Le délai de 60 jours court à partir de la date de la facture, pas de sa réception ni de sa « validation » par le service comptable du client ;
- Les procédures internes du client (bon de commande manquant, facture « en cours de traitement ») ne suspendent pas le délai légal.
Dépasser ces plafonds expose le client à une amende administrative pouvant être lourde (jusqu'à 2 millions d'euros pour une société), prononcée par la DGCCRF.
Ce qui est dû automatiquement en cas de retard
Dès le lendemain de l'échéance, sans relance nécessaire, vous pouvez exiger :
- des pénalités de retard au taux prévu dans vos CGV (taux BCE + 10 points par défaut, minimum 3 fois le taux d'intérêt légal) ;
- l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € par facture impayée.
Ces mentions doivent figurer sur vos factures et vos CGV — c'est obligatoire.
L'escalade des recours, dans l'ordre
- Relance simple (J+3 à J+7 après échéance) : un e-mail factuel avec la facture jointe. La majorité des retards se règlent là.
- Relance ferme (J+15) : rappel des pénalités qui courent et de l'indemnité de 40 €.
- Mise en demeure par lettre recommandée avec AR (J+30) : c'est l'acte qui ouvre la voie judiciaire et fige les choses juridiquement.
- Médiateur des entreprises : gratuit, en ligne, efficace avec les grands comptes et les acheteurs publics.
- Injonction de payer au tribunal de commerce : procédure sans avocat, environ 35 € de frais de greffe, adaptée aux créances non contestées.
- Référé-provision si la créance est sérieuse et urgente.
Conservez tout : devis signé, livrables, échanges e-mail. C'est votre dossier de preuve si l'affaire va au tribunal.
Protéger sa trésorerie en attendant
Le vrai problème d'un retard de paiement, c'est l'asymétrie : votre client paie quand il veut, mais vos propres échéances, elles, ne bougent pas. Les cotisations sociales tombent à date fixe, que la facture soit encaissée ou non. D'où l'intérêt de visualiser vos prélèvements à venir avec l'échéancier URSSAF : vous savez exactement combien doit rester sur le compte pro à chaque échéance, même quand un règlement client glisse de 30 jours.
Deux réflexes complètent le dispositif : demander un acompte systématique avant de démarrer, et facturer au fil de l'eau sur les missions longues plutôt qu'en une fois à la fin. Moins d'encours client = moins d'exposition au retard.