EI au réel vs EURL : les différences concrètes
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EI au réel vs EURL : les différences concrètes
Depuis la réforme de 2022, l'entreprise individuelle (EI) protège le patrimoine personnel et peut même opter pour l'IS. Du coup, la frontière avec l'EURL s'est considérablement réduite — et beaucoup de freelances paient un formalisme de société pour des avantages qu'une simple EI au réel leur offrirait. Voici ce qui change vraiment.
Ce qui est identique (ou presque)
- Régime social : travailleur non salarié (TNS) dans les deux cas, affilié à la SSI, avec des cotisations représentant environ 40 à 45 % du revenu net.
- Fiscalité par défaut : imposition à l'IR sur le bénéfice réel (BNC ou BIC), frais professionnels déductibles.
- TVA : mêmes régimes possibles (franchise sous seuils, réel simplifié ou normal).
- Protection du patrimoine : depuis le 15 mai 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est séparé de plein droit. L'écart avec l'EURL est devenu marginal — sauf caution personnelle exigée par la banque, qui annule la protection dans les deux cas.
- Option IS : possible dans les deux statuts (directement en EURL, via l'assimilation EURL pour l'EI), révocable pendant 5 ans.
Ce qui change vraiment
| Critère | EI au réel | EURL |
|---|---|---|
| Création | Déclaration en ligne, quasi gratuite | Statuts + annonce légale + immatriculation (~300-500 €) |
| Personnalité juridique | Non (vous êtes l'entreprise) | Oui (société distincte) |
| Comptabilité | Recettes-dépenses (BNC) ou engagement (BIC) | Comptes annuels complets + dépôt au greffe |
| Coût de gestion annuel | ~500 à 1 200 € | ~1 200 à 2 500 € |
| Dividendes | Non | Oui à l'IS (cotisations TNS au-delà de 10 % du capital) |
| Faire entrer un associé | Impossible sans changer de structure | EURL → SARL par simple cession de parts |
| Cession de l'activité | Vente de fonds, plus lourde | Cession de parts sociales |
| Image auprès des banques et grands comptes | Correcte | Parfois meilleure (capital, Kbis de société) |
L'option IS : le faux argument pro-EURL
C'était l'avantage historique de l'EURL : pouvoir être à l'IS, laisser du résultat dans la structure taxé à 15 % jusqu'à 42 500 € (25 % au-delà), et lisser sa rémunération. Depuis 2022, l'EI peut faire exactement la même chose via l'assimilation EURL. Si votre seule motivation est l'IS, l'EI suffit.
Dividendes : un avantage très relatif
En EURL à l'IS, les dividendes sont possibles, soumis à la flat tax de 30 % — mais la part qui dépasse 10 % du capital social supporte en plus les cotisations TNS. Avec un capital de 1 000 €, l'avantage est quasi nul. Les stratégies de dividendes intéressantes se jouent plutôt en SASU.
Quand l'EI au réel suffit
- Vous travaillez seul et comptez le rester.
- Vous voulez déduire vos frais réels sans le formalisme d'une société.
- Vous n'avez pas de projet de cession ou d'association à moyen terme.
Quand l'EURL se justifie
- Vous prévoyez de faire entrer un associé (passage en SARL simple).
- Vous préparez une cession ou une transmission de l'activité.
- Vos interlocuteurs (banques, grands comptes, marchés publics) valorisent la forme sociétale.
Pour comparer le net dans votre situation précise — EI au réel, EURL à l'IR ou à l'IS, micro, SASU — utilisez le comparateur de statuts juridiques, et affinez le calcul de vos cotisations avec le simulateur net EI au réel.