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EURL vs micro-entreprise : les seuils de bascule chiffrés

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EURL vs micro-entreprise : les seuils de bascule chiffrés

La micro-entreprise est imbattable pour démarrer : zéro compta, cotisations proportionnelles au CA, création en ligne en dix minutes. Mais elle repose sur un forfait — et tout forfait devient pénalisant à partir d'un certain point. Voici les trois seuils chiffrés où l'EURL prend l'avantage.

Deux logiques opposées

En micro, tout se calcule sur le chiffre d'affaires : cotisations sociales au pourcentage du CA, impôt sur un bénéfice forfaitaire (CA moins abattement de 34 % en BNC ou 50 % en BIC services). Vos frais réels n'existent pas fiscalement.

En EURL, tout se calcule sur le réel : vous déduisez vos charges effectives, votre rémunération de gérant, et vous choisissez entre IR (par défaut) et IS (sur option).

Critère Micro-entreprise EURL
Plafond de CA 77 700 € (services) / 188 700 € (ventes) Aucun
Cotisations sociales % du CA (26,1 % en BNC, 21,2 % en BIC services, taux 2026) TNS, ~40-45 % de la rémunération nette
Frais déductibles Non (abattement forfaitaire) Oui, au réel
TVA Franchise possible sous seuils Régime réel le plus souvent
Comptabilité Livre des recettes Bilan, compte de résultat, dépôt des comptes
Coût annuel de gestion ~0 € 1 200 à 2 500 € (expert-comptable)

Seuil n°1 : vos frais réels dépassent l'abattement

C'est le déclencheur le plus fréquent. En BNC, l'abattement est de 34 % : si vos charges réelles (sous-traitance, matériel, déplacements, local, logiciels) dépassent durablement ce niveau, le forfait vous fait payer des impôts et cotisations sur un bénéfice que vous ne réalisez pas. Un freelance qui sous-traite 30 % de ses missions est presque toujours perdant en micro.

Seuil n°2 : votre CA approche 77 700 €

Le plafond micro pour les prestations de services est de 77 700 €. La sortie du régime intervient après deux années consécutives de dépassement. Si votre activité croît, autant anticiper la bascule plutôt que de la subir en cours d'année, d'autant que les seuils de franchise de TVA (37 500 € / 41 250 € pour les services) tombent bien avant.

Seuil n°3 : votre revenu justifie une optimisation à l'IS

En micro, 100 % du bénéfice forfaitaire est imposé chaque année à l'IR. En EURL à l'IS, vous pouvez laisser une partie du résultat dans la société, taxée à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (25 % au-delà), et lisser vos revenus. Pertinent quand vous gagnez nettement plus que vos besoins de vie courante.

Exemple à 70 000 € de CA (BNC)

  • Micro : cotisations ≈ 18 300 € (26,1 %), bénéfice imposable forfaitaire ≈ 46 200 € après abattement. Simple, mais aucun frais déduit.
  • EURL à l'IS avec 12 000 € de frais réels et une rémunération de gérant ajustée : le résultat dépend fortement de votre TMI et du niveau de rémunération choisi — l'écart final se joue souvent à quelques milliers d'euros, dans un sens ou dans l'autre.

Ordres de grandeur uniquement : le verdict dépend de vos frais, de votre foyer fiscal et de votre stratégie de rémunération.

Les coûts cachés de l'EURL

  • Création : statuts, annonce légale, immatriculation (~300 à 500 €).
  • Comptabilité : 1 200 à 2 500 €/an avec un expert-comptable.
  • Formalisme : assemblée annuelle, dépôt des comptes, compte bancaire dédié.

Ces coûts fixes mangent l'avantage de l'EURL sur les petits CA : en dessous de 35 000-40 000 € de recettes avec peu de frais, la micro reste presque toujours gagnante.

Pour trancher avec vos propres chiffres, le comparateur de statuts juridiques calcule le net dans chaque statut à CA identique.