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Prévoyance freelance : pourquoi et combien ça coûte

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Prévoyance freelance : pourquoi et combien ça coûte

En freelance, pas de client facturé = pas de revenu. Un arrêt maladie de trois mois peut suffire à vider une trésorerie. La prévoyance est pourtant le contrat le plus négligé des indépendants, loin derrière la mutuelle. Voici ce que couvre réellement votre régime obligatoire, et ce qu'un contrat privé coûte pour combler le trou.

Ce que verse le régime obligatoire en cas d'arrêt

Les indemnités journalières (IJ) des indépendants sont calculées sur le revenu annuel moyen des 3 dernières années, à hauteur d'environ 1/730e de ce revenu, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.

Situation Indemnité journalière Délai de carence
Artisan / commerçant, revenu 40 000 € ~55 €/jour 3 j (hospitalisation), 7 j (maladie)
Revenu au plafond (PASS) ~60-65 €/jour maximum idem
Micro-entrepreneur, faible CA IJ réduites, voire quasi nulles sous ~4 000-5 000 € de revenu annuel moyen idem
Profession libérale réglementée (CIPAV…) IJ CPAM jusqu'au 90e jour, puis régime de la caisse (très variable) idem

Pour situer votre cas concret, le simulateur SSI vous donne un ordre de grandeur de vos cotisations et de la protection associée à votre revenu réel.

Concrètement : un freelance qui se verse 4 000 €/mois touchera au mieux 1 600 à 1 900 €/mois d'IJ. Et en cas d'invalidité ou de décès, les pensions des régimes obligatoires sont encore plus faibles — souvent quelques centaines d'euros par mois.

Pourquoi un contrat de prévoyance privé

Un contrat de prévoyance complète le régime obligatoire sur trois risques :

  • Arrêt de travail : IJ complémentaires pour reconstituer 100 % de votre revenu habituel ;
  • Invalidité : rente jusqu'à la retraite si vous ne pouvez plus exercer ;
  • Décès : capital ou rente pour vos proches.

C'est le risque invalidité qui justifie à lui seul le contrat : une IJ s'arrête au bout de 3 ans maximum, une rente invalidité peut courir 20 ou 30 ans.

Combien ça coûte en 2026

Les tarifs dépendent de l'âge, du métier (bureau vs terrain), du revenu à couvrir et de la franchise choisie. Fourchettes indicatives constatées :

Profil Garanties type Cotisation mensuelle indicative
30 ans, métier de bureau, 3 000 €/mois couverts IJ + invalidité + décès 20 à 45 €
40 ans, métier de bureau, 4 500 €/mois IJ + invalidité + décès 40 à 80 €
40 ans, métier physique / déplacements IJ + invalidité renforcée 70 à 130 €

Des fourchettes, pas des devis : deux assureurs peuvent varier du simple au double sur un même profil, d'où l'intérêt de comparer.

Les points à vérifier avant de signer

  • La franchise : 15, 30 ou 90 jours avant le premier versement. Une franchise longue baisse le prix mais suppose une épargne de précaution solide.
  • Le barème d'invalidité : exigez un barème professionnel (inaptitude à VOTRE métier), pas seulement fonctionnel.
  • Les exclusions : dos et troubles psychiques sont souvent exclus ou limités — ce sont pourtant les premières causes d'arrêt long. Certains contrats permettent de racheter ces exclusions.
  • Les IJ forfaitaires ou indemnitaires : en forfaitaire, le montant est garanti ; en indemnitaire, l'assureur déduit ce que verse le régime obligatoire.
  • La revalorisation : vos garanties doivent suivre l'évolution de votre revenu.

Et la déduction fiscale ?

Si vous êtes au régime réel (EI au réel, gérant majoritaire), les cotisations de prévoyance peuvent être déduites de votre bénéfice via le dispositif Madelin, dans certaines limites. En micro-entreprise, aucune déduction possible : l'abattement forfaitaire est réputé couvrir toutes vos charges.

La bonne démarche : estimez d'abord ce que votre régime obligatoire vous verserait, identifiez le manque à combler, puis comparez 2 ou 3 contrats sur ce besoin précis — pas sur le prix seul.